Profile de nageuse : Andrea Douglas

Ce profil a été écrit par Andrea (en anglais) et traduit en français par Sarah Mailhot.


J’ai reçu mon premier « vrai » maillot d’entraînement pour mon 50e anniversaire. Je nageais déjà chez les Maîtres dans un club local à Ottawa depuis quelques années, et mes filles, deux nageuses compétitives, avaient honte de me voir porter un maillot fané, sans marque, pris chez Zellers une quinzaine d’années plus tôt. Mon cadeau de fête de leur part était mon premier maillot Speedo. Ce maillot n’est plus utilisé depuis un certain temps maintenant, non pas parce-qu’il est trop usé, mais parce-que je suis une nageuse maintenant, et les nageurs aiment avoir de nouveaux maillots.

Je suis bien au courant, car j’ai dû en acheter pour mes filles pendant des années. Ma plus jeune nage encore, elle en est à sa troisième année avec l’équipe de la Dalhousie University.

Je leur dois ma nouvelle passion pour la natation. J’ai passé tellement d’heures à la piscine pendant des années, à les reconduire à la piscine, à les regarder s’entraîner et à agir comme officielle dans les compétitions, je me suis dit que je devrais apprendre à être une nageuse. Je me disais aussi qu’il serait bien de mieux comprendre les techniques des différents styles lorsque j’étais juge de nage et de virage pendant les compétitions.

Je me souviens que je me sentais confiante par rapport à ma capacité de nager en lac, car j’ai toujours passé mes étés au chalet, et je croyais qu’il serait facile de me mettre à niveau dans la piscine; j’avais tort. Je ne connaissais pas les techniques, et la période d’apprentissage a été ardue. Mes filles m’ont accompagnée pour l’un des entraînements à mes débuts. Nous devions travailler les virages; j’ai cru que j’allais me noyer, et elles riaient tellement qu’elles ont failli y passer aussi.

Malgré tout, j’ai persévéré, et j’ai réussi. Je ne suis pas rapide; je ne le serai probablement jamais, mais ma technique est bonne. Mon papillon s’est grandement amélioré, passant d’une véritable lutte à quelque chose de bien, selon les aveux à contrecœur de ma fille. Je ne peux pas nager plus que 25 m, mais il faut dire que je partais de loin!

Au printemps 2014, je me changeais pour aller à un entraînement lorsque j’ai remarqué une masse sur le côté de mon sein. J’ai reçu un diagnostic de cancer du sein. J’ai dû subir une chirurgie, suivie de chimiothérapie et de radiothérapie. J’ai arrêté de nager avec les Maîtres, mais parfois, lorsque je m’en sentais capable pendant les traitements, j’allais nager un peu dans un bain libre. Je me souviens que j’étais gênée par ma tête chauve, et je me changeais généralement dans une cabine pour enlever ma tuque ou mon chapeau et mettre mon casque de bain. Au printemps suivant, j’ai commencé à accepter ma repousse et j’ai vu que personne ne me regardait, personne ne me remarquait. Cette réalisation m’a aidée à me sentir plus confiante. La natation me permettait aussi de faire bouger mon corps et de l’étirer d’une façon qui m’a aidé à guérir, physiquement et mentalement.

À l’automne 2015, j’étais prête à recommencer la natation plus sérieusement. J’ai joint une nouvelle équipe, B-Train Swimming, et j’ai tout de suite aimé mon entraîneuse, Andrea Schwartz Smith, olympienne en 1996, ainsi que mes nouveaux coéquipiers. Nous nageons 2 après-midi par semaine. Nous sommes sensés être un groupe de 55 ans et plus, mais nous sommes en réalité un mélange de jeunes et de moins jeunes. Contrairement aux groupes du matin, qui sont plus intenses, nous prenons le temps de discuter et de rire lorsque nous nous retrouvons au mur, et certains prennent des pauses de temps en temps. Notre entraîneuse nous laisse faire, car de toute façon, c’est souvent elle qui commence à nous parler.

L’an dernier, je tentais de convaincre mes coéquipiers de faire un don pour une course que j’organisais afin d’amasser des fonds pour le Centre de santé du sein de la femme à l’hôpital d’Ottawa. L’un de mes coéquipiers a décidé d’en faire plus : en plus de faire un don, il a pensé à organiser une nouvelle collecte de fonds, une compétition qui permettrait d’amasser des dons pour le Centre de santé du sein de la femme. Nous venons tout juste de commencer l’organisation, mais nous savons déjà qu’elle aura lieu le samedi 7 avril à la piscine Brewer à Ottawa. Il s’agira de la première compétition organisée par B-Train qui servira à amasser des dons. Sept de mes coéquipiers sont des coorganisateurs de cet évènement qui, nous l’espérons, sera un succès. La compétition sera sanctionnée par Masters Swim Ontario, vous pourrez avoir plus de détails au début de l’année. Joignez-vous à nous si vous prévoyez être dans la région d’Ottawa le 7 avril 2018!

J’ai récemment participé à un camp d’entraînement nommé The Freestyle Experience, organisé par l’Olympienne Katie Brambley. Katie, accompagnée de mon entraîneuse Andrea et de l’olympienne Tera Van Beilen (2012), composaient le trio de rêve qui a entraîné 18 maîtres nageurs pendant 9 jours épuisants au cours desquels nous avions deux entraînements par jour à La Barbade, en même temps que le Barbados Open Water Festival. Pendant les premiers jours, je me suis demandé si j’avais perdu la tête au moment où je m’étais inscrite. Ma fille m’avait avertie, lorsque je lui en avais parlé, en me disant : « Tu sais que tu vas devoir nager là-bas? ». Je crois qu’elle pensait que je m’imaginais aller à La Barbade et m’habituer à la plage et aux pina coladas, mais ce n’était pas le cas. J’ai été avec mes 17 nouveaux meilleurs amis à la piscine extérieure de 19 couloirs qui sert de centre d’entraînement olympique à La Barbade. Lorsque j’ai écrit à ma fille pour lui dire que je prévoyais manquer un entraînement, parce-que j’étais épuisée, elle m’a répondu, sans une once de compassion : « OH MON DIEU maman, c’est un camp d’entraînement. C’est NORMAL d’être épuisée! » J’étais vraiment épuisée, mais c’était une bonne fatigue.

Photo prise lors de The Freestyle Experience (Andrea est au milieu, avec la casquette rose)

J’ai n’ai pris part qu’à deux des entraînements en eau libre, mais c’était une expérience magique. Nous partions de l’hôtel à pieds à 5 h du matin pour atteindre la plage au lever du soleil. J’ai vu des tortues, des étoiles de mer, des coraux, des poissons multicolores… Tellement de choses plus intéressantes que la ligne noire au fond de la piscine. De plus, j’appréciais particulièrement les effets de l’eau salée sur ma flottabilité!

Je ne suis toujours pas très chaude à l’idée de participer à des compétitions (à l’exception du 7 avril, bien sûr!). Pour moi, la natation n’est pas une question de vitesse ou de compétition. Il s’agit surtout du sentiment de camaraderie et de la mise en forme. C’est quelque chose qui me met au défi et qui continuera de le faire pour de nombreuses années encore.

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