Profil de nageuse : Stephanie Dancey

Qu’est-ce qui vous a fait choisir la natation?

Lorsque j’approchais 50 ans, je voulais trouver un sport dans lequel je pouvais me mettre en forme et atteindre des objectifs. J’avais des problèmes avec un genou (chondromalacie, un grand mot pour décrire un amincissement du cartilage), je devais donc trouver un sport qui n’est pas trop difficile sur les articulations et qui n’allait pas me causer plus de blessures. J’ai travaillé comme sauveteur pendant 7 ans pendant mes études et je nageais une fois par semaine depuis mes 20 ans.

J’ai fait mes recherches, et comme je suis une personne très orientée sur les objectifs, lorsque j’ai vu que je pouvais participer aux provinciaux et aux nationaux sans temps de qualification, ça m’a vraiment interpellée. Je savais que je pourrais aussi me motiver pour participer aux championnats du monde de la FINA éventuellement, et que sinon, il y aurait toujours les Jeux mondiaux des maîtres. Je voyais que j’avais plusieurs options pour atteindre des objectifs ambitieux avec les maîtres.

Quel est votre meilleur souvenir lié à la natation?

Mon meilleur souvenir était une compétition de maîtres au mois d’avril à Ottawa, le OlymPINK Masters Sprint Challenge. C’était vraiment génial de voir 6 ex-Olympiens nager aux côtés de survivantes du cancer du sein. Chaque paire, formée d’un Olympien et d’une nageuse, avait son propre couloir pour nager 25 m au crawl ensemble.

Un autre bon souvenir est lorsque j’ai participé aux provinciaux à la piscine des jeux panaméricains à Markham en mars dernier. J’étais terrifiée et intimidée lorsque j’ai vu l’équipe des forces armées canadiennes (les femmes sont vraiment musclées!) et je me demandais si j’étais prête à compétitionner à ce niveau après seulement 2 ans d’entraînement compétitif. Finalement, j’ai réussi mon meilleur temps à vie au 100 m!

Vous avez déjà été journaliste. Que faites-vous maintenant?

J’ai travaillé comme journaliste pendant 10 ans en Ontario dans les journaux communautaires et quotidiens. Un jour, la porte-parole de l’école catholique locale m’a demandé d’y enseigner le français. Il est difficile de trouver des personnes bilingues dans la région de Peterborough, alors j’ai accepté d’aller étudier pour devenir professeur à 34 ans, avec un bébé de 11 mois. J’enseigne le français de base pour les élèves de la 3e année au secondaire 1 depuis maintenant 15 ans. Pendant plusieurs années, le conseil scolaire de mon école m’a engagée pendant l’été pour écrire les histoires de professeurs qui prenaient leur retraite.

Quel objectif voulez-vous atteindre avec la natation?

Au départ, je voulais perdre du poids; j’ai d’ailleurs perdu 10 livres lors de ma première année avec le Trent Swim Club. Mon objectif ultime est de participer au championnat du monde de la FINA.

Qu’aimez-vous le plus entre la piscine et l’eau libre?

J’aime les deux pour différentes raisons. En piscine, je suis compétitive, je compte mes coups de bras et je surveille l’horloge. En eau libre, je suis motivée par mon amour de la natation. Je nage le plus que je peux et je profite des poissons qui nagent près de moi et du soleil qui réchauffe mon corps. Je ne veux pas faire de compétition en eau libre, car j’ai peur de perdre cet amour pur de la natation, ce qui arrive parfois lorsque l’on se lance dans la compétition.

Voulez-vous participer aux nationaux ou aux mondiaux un jour, et si oui, avez-vous une année précise en tête?

Nationaux en mai 2021.
Mondiaux à l’été 2025.

En tant que professeur, après 4 ans et demi d’enseignement, je peux prendre 5 mois sabbatiques de février à juin. Je peux m’entraîner plus à tous les jours pendant cette période par rapport à quand je travaille. Je l’ai fait pour la première fois l’an dernier pour me préparer pour les provinciaux, et je m’entraînais 2-3 heures par jour.

Comment est votre relation avec vos coéquipiers et vos entraîneurs?

Nous avons tous une bonne relation. Les entraîneurs savent que je veux des commentaires pour m’améliorer et devenir plus rapide. À la fin de chaque session de 16 semaines, tous les nageurs du groupe se retrouvent dans un pub du coin pour y passer une belle soirée. En juin dernier, j’ai organisé une fête de fin de saison chez moi au lac Chemong. J’ai participé à deux compétitions avec mes coéquipiers, et chaque été, pendant que le club est en vacances, je vais nager dans un lac du coin avec deux de mes coéquipiers.

Est-ce que la natation vous a aidé à améliorer d’autres aspects de votre vie?

Sans aucun doute. La discipline de se lever à 5 h du matin 5 jours par semaine pour aller nager 1 mile avant d’aller travailler m’a aidée dans tous les aspects de ma vie. Le fait d’être dévouée et d’avoir des objectifs m’a également aidé à apprécier la valeur du travail et à profiter des résultats. J’ai aussi beaucoup d’énergie pour une femme de 50 ans (mes collègues me le répètent souvent), et mes entraînements matinaux me permettent d’être calme plutôt que d’avoir un surplus d’énergie toute la journée. J’enseigne à 140 élèves, et plusieurs m’ont dit que je les inspirais. Je leur montre des photos de mes compétitions de natation et je leur parle de l’importance d’établir des objectifs et de réaliser ses rêves.

Qu’est-ce que vous aimez le plus de la natation?

Pendant toute ma vie, l’eau a été associée à des bons moments. Je me suis fiancée à Key West, dans le golfe du Mexique, je vis dans la magnifique région du lac Chemong depuis 9 ans et chaque année, en février, je plonge dans le lac pour participer à la Polar Plunge, pour laquelle j’ai accumulé 11 000 $ au cours des 16 dernières années. La natation compétitive m’a permis de pousser mon amour de l’eau et du sport encore plus loin.

Avez-vous fait d’autres sports avant la natation?

Pendant mon enfance, mon beau-père n’était pas en bonne santé, et il y avait une obligation d’implication des parents pour participer aux sports compétitifs, je ne pouvais donc pas en faire. Lorsque j’ai déménagé pour mes études en éducation physique à la Wilfrid Laurier University, j’ai joué au badminton et au hockey AAA sur les équipes féminines de l’université. J’ai toujours fait du sport, incluant la ringuette et la balle molle pendant l’enfance, mais ce sont les seuls pour lesquels je me suis entraînée régulièrement.

Lorsque vous ne nagez pas, quels sont vos passe-temps?

Je fais de la boxe une fois par semaine avec mon fils et mon mari, je fais du kayak, et en été, je fais de la motomarine, du bateau et de la moto. Pendant l’hiver, je fais de la motoneige et je joue au hockey sur le lac. Depuis 30 ans, je possède des Jeep Wranglers et j’aime aller aux Jeep Jamborees. Je fais des entraînements en salle une fois par semaine, ainsi qu’un programme complet avec un entraîneur pour développer les muscles utilisés en natation.

Est-ce que d’autres personnes de votre famille font de la natation?

Non. Mon fils, mes 3 belles-filles et mes 5 petits-enfants ne nagent pas, ni mon mari, mon frère ou mes parents.

Avez-vous autre chose à ajouter?

Lorsque je me suis inscrite au Trent Swim Club, je ne savais pas comment lire le tableau et j’étais très intimidée. Je ne savais même pas que 25 mètres représentant une longueur! Ça m’a pris un moment pour comprendre les termes et pour savoir que les temps des différents sets incluaient le temps de repos. Ça me semble si loin maintenant.

J’ai participé à deux camps d’entraînement et avant les championnats provinciaux, j’ai eu des entraînements privés avec un entraîneur chevronné au YMCA. Ma meilleure amie à Ottawa est une ancienne nageuse synchronisée et l’année prochaine, nous préparons un voyage de filles : des vacances à la Barbade, pendant lesquelles nous allons nager environ 3 heures par jour en eau libre.

Lorsque j’aurai participé à mes premiers nationaux, je veux me faire tatouer sur la cheville une image de moi qui plonge du bloc de départ pour me rappeler tout le chemin parcouru depuis mon enfance, lorsque je pleurais pendant mes cours de natation.

Je crois que le message à retenir, c’est que je ne suis pas née avec un talent pour le sport. J’ai travaillé très fort pour en arriver où j’en suis et dans 20 ans, lorsque je vais repenser à ma vie, je ne vais pas avoir de regrets; je vais plutôt être fière de savoir que j’ai fait de mon mieux et que j’ai inspiré d’autres personnes en cours de route.

Stephanie Dancey et l'Olympien Mike Brown lors du OlymPINK Sprint Master Challenge en avril 2018


Est-ce que vous ou une connaissance voulez partager votre histoire de natation? Nouveaux nageurs, vétérans, compétiteurs ou nageurs récréatifs, envoyez votre histoire à doughannum@mastersswimming.ca; peut-être verrez-vous votre histoire publiée sur ce blog au cours des prochaines semaines!

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