Profil de nageur : Carlos Costa

Avoir un handicap n’a jamais empêché Carlos Costa d’être un athlète incroyable. À l’âge de 2 ans, il a subi une amputation des jambes afin de recevoir des prothèses qui lui permettraient de marcher et de faire du vélo. En grandissant, il n’aimait pas les porter, car elles étaient lourdes et encombrantes; c’est alors qu’il a commencé à suivre des cours de natation, et il est rapidement tombé en amour avec le sentiment de liberté qu’il ressentait dans la piscine, sans ses prothèses. Après des années, il aime toujours autant cette liberté, et il aime regarder les gens autour de lui pendant ses entraînements. La natation l’aide à se sentir calme et à rester concentré pendant la journée. Il a également essayé d’autres sports, comme le basketball en fauteuil roulant et l’athlétisme, mais il a décidé de se concentrer sur la natation pendant ses études universitaires.

Lorsqu’il était jeune, Carlos sentait qu’il était traité différemment à cause de son handicap. Il n’y a pas si longtemps encore, les gens n’étaient pas aussi ouverts et accueillants qu’aujourd’hui envers les paranageurs lors des compétitions. Étant un jeune déterminé, Carlos n’a jamais laissé les commentaires négatifs l’empêcher de faire ce qu’il voulait et a commencé à participer à des compétitions de paranatation. Après ses entraînements réguliers, il aimait voir jusqu’où il pouvait continuer à nager par lui-même. Un jour, il a nagé 5 km sans arrêt, et c’est ce qui l’a inspiré à essayer la nage de fond.

En 1992, pendant une remise de prix, il a rencontré Vicki Keith, une nageuse de fond extraordinaire qui recevait un prix cette année-là. Il lui a dit qu’il désirait travers le lac Ontario à la nage, et elle a offert de l’aider à s’entraîner. Après 2 essais ratés en 1992 en raison de la météo peu clémente, il a finalement réussi, en 1993, après presque 33 heures de nage sans arrêt. Pour Carlos, à moins de conditions météorologiques extrêmes qui menacent sa sécurité, abandonner n’est jamais une option. Pendant n’importe quelle nage de fond, le milieu est la partie la plus difficile, car on ne voit ni le départ ni l’arrivée. C’est à cet endroit que la plupart des nageurs abandonnent, mais Carlos s’est entraîné à se concentrer sur le résultat, peu importe les conditions. Ça l’aide de penser que, même s’il a mal partout, ce n’est que temporaire, tandis que sa réussite ne sera jamais oubliée. Il aime également être mis au défi : un jour, alors qu’il s’entraînait pour traverser le détroit de Messine, en Italie, l’homme qui détenait alors le record de distance, soit 40 km, lui a dit qu’il ne réussirait jamais à le battre. Le lendemain, Carlos a doublé cette distance, établissant un nouveau record de 80 km.

Carlos a arrêté la natation de compétition avant ses 30 ans. Cependant, en 2015, il a ressenti le besoin de retourner dans la piscine et a rejoint les Aurora Master Ducks pour s’entraîner afin de participer à des compétitions en eau libre. Il n’est pas toujours facile de trouver du temps pour ses entraînements dans son horaire, déjà chargé avec son travail et sa famille. Pendant la semaine, Carlos se lève à 5 h du matin et s’entraîne avant que la plupart des gens ne soient même réveillés. La fin de semaine, il s’entraîne dans le nord de l’Ontario, à son chalet, souvent pendant que les autres membres de sa famille font la sieste. Il essaie de varier son entraînement selon son horaire de la journée : un entraînement plus soutenu si la journée n’est pas trop chargée, et un entraînement plus facile s’il est déjà très occupé. Il a également récemment commencé à s’intéresser plus à la nutrition, car bien manger lui permet de mieux s’entraîner et de rester plus concentré pendant la journée.

Carlos aimerait encourager les paranageurs à s’impliquer dans le sport, que ce soit pour la mise en forme, la compétition, ou la nage en eau libre. Si être un paranageur était plus difficile il y a quelques années, les pionniers de ce sport ont ouvert la voie et les paranageurs sont maintenant bien accueillis par les nageurs en général. Maintenant chez les maîtres nageurs, Carlos espère participer à des compétitions dans lesquelles les paranageurs sont présents et que la communauté des maîtres nageurs va en faire plus pour les encourager à s’entraîner et à participer aux compétitions.

Pendant toutes ces années de natation, le moment dont Carlos est le plus fier est sa traversée du lac Ontario en 1993. Il s’entraîne maintenant pour traverser le lac Érié, au mois d’août, 24 ans après sa traversée du lac Ontario. Cette épreuve fait partie de la Global Swim Series Competition qui aura lieu au Lac Érié, et il devra parcourir une distance de 20 km à la nage. S’il réussit, il deviendra le premier paranageur à réussir cet exploit.

MNC te souhaite bonne chance au lac Érié et dans tous tes futurs projets.

 

Carlos en compagnie de sa famille                                          Carlos en compétition

        

 

Est-ce que vous ou une connaissance voulez partager votre histoire de natation? Nouveaux nageurs, vétérans, compétiteurs ou nageurs récréatifs, envoyez votre histoire à doughannum@mastersswimming.ca; peut-être verrez-vous votre histoire sur ce blog au cours des prochaines semaines!

Comments are closed.